Gérer la nature
Gérer la nature ? Cela peut paraître une évidence : après des millénaires de croissance agricole qui ont façonné notre environnement et créé de nouvelles diversités agrobiologiques, après deux siècles de société industrielle, de croissance démographique accélérée et de mondialisation effrénée, il reste sur la planète bien peu d’espaces « où la main de l’homme n’a pas mis le pied ». La société humaine a acquis désormais une responsabilité planétaire et protéger la nature, ce serait d’abord la gérer. Bienvenue dans « l’Anthropocène », l’âge géologique où l’homme est devenu un facteur majeur d’évolution de la biosphère, changeant non seulement le milieu vivant mais aussi le climat.
Mais pour d’autres, la responsabilité humaine serait au contraire aujourd’hui de savoir laisser le maximum de naturalité à l’oeuvre. Nous ne sommes pas « maîtres et possesseurs de la nature », mais habitants ; le temps de la nature, le rythme de ses transformations et la puissance de ses manifestations ne s’accordent que rarement avec nos propres échelles d’action. Qu’un petit volcan s’allume et nous sommes désemparés !… Préserver la nature, ce serait donc, autant d’un point de vue éthique que pratique, reconnaître qu’il faut maintenir, ou recouvrer, le maximum d’espaces, de processus naturels, sauvegarder au maximum les capacités d’autorégulation de la biosphère.
Au-delà d’un vieux débat, dépassé, sur Nature et Culture, il s’agit bien d’un des enjeux majeurs de notre relation actuelle à l’environnement.
